Travail de maturité en Suisse romande : règles, poids dans la note et calendrier (2026)

Dans le régime de l’examen suisse de maturité, le travail de maturité doit être rédigé avant l’inscription à l’examen, il est noté par l’examinateur et l’expert, et sa note compte une seule fois dans un total où la première langue et l’option spécifique comptent trois fois. Cette combinaison — beaucoup d’efforts, un poids arithmétique modeste, une échéance qui tombe avant tout le reste — explique pourquoi tant de candidats le sous-estiment puis le rattrapent dans l’urgence.

Ces règles figurent dans l’ordonnance du 7 décembre 1998 sur l’examen suisse de maturité (RS 413.12). Elles ne s’appliquent telles quelles qu’à cette voie-là. Si vous êtes dans un gymnase cantonal — le cas de la grande majorité des élèves en Suisse romande — vos règles sont cantonales, et cet article vous sert de grille de lecture, pas de référence.

Sommaire

Deux voies vers la maturité, deux jeux de règles

Il existe en Suisse deux manières d’obtenir un certificat de maturité gymnasiale, et la confusion entre les deux est la première source de mauvaises informations sur le travail de maturité.

  • La voie gymnasiale cantonale. Vous suivez un gymnase reconnu et le certificat vous est délivré au terme de votre cursus. Les exigences relatives au travail de maturité — volume, calendrier, forme de la présentation, grille d’évaluation — sont fixées par votre canton et votre établissement.
  • L’examen suisse de maturité. Vous passez la totalité de l’examen devant une commission fédérale, sans être rattaché à un gymnase. C’est la voie des candidats en formation privée, en reprise d’études ou venant de l’étranger. Elle est régie par une ordonnance fédérale, donc par des règles publiques et identiques pour tous.
Un chemin qui se divise en deux routes parallèles avant de rejoindre un même certificat
Deux voies mènent au même certificat, mais une seule est régie par des règles fédérales publiques et chiffrées.

La suite de cet article décrit la seconde voie, parce que c’est la seule dont les règles sont écrites noir sur blanc dans un texte accessible. Pour un gymnasien cantonal, l’intérêt est double : comprendre la logique d’ensemble, et disposer d’une liste de questions précises à poser à son établissement.

Ce que dit l’article 15 exactement

L’article 15 de l’ordonnance tient en trois alinéas, et chacun a une conséquence pratique.

  1. « Les candidats rédigent personnellement, avant leur inscription à l’examen, un travail autonome d’une certaine importance. » Deux mots portent tout le poids : personnellement, qui exclut toute rédaction déléguée, et avant l’inscription, qui fait du travail une condition préalable et non un devoir parmi d’autres pendant l’année d’examen.
  2. Le travail « est évalué dans le cadre de l’examen de maturité par l’examinateur et l’expert. La note est prise en compte dans le total des points (art. 21) et dans les normes de réussite (art. 22). » Ce n’est donc pas une validation interne : c’est une note d’examen, produite par deux évaluateurs, qui entre dans le calcul final.
  3. « Les objectifs, les critères et la procédure d’évaluation sont précisés dans les directives. » L’ordonnance ne fixe ni le nombre de pages, ni le format, ni la grille. Ces éléments vivent dans les directives, que l’ordonnance soumet par ailleurs à l’approbation du département fédéral compétent.

Ce troisième point mérite d’être souligné, parce qu’il gouverne la fiabilité de toute information que vous trouverez ailleurs : aucun nombre de pages n’est fixé par l’ordonnance. Les volumes qui circulent proviennent des directives ou d’usages d’établissement. Vérifiez-les à la source qui vous concerne plutôt que dans un forum.

Le poids réel du travail dans la note finale

L’article 21 fixe le barème. Les prestations sont exprimées « en notes entières ou en demi-notes », 6 étant la meilleure et 1 la plus basse, et les notes inférieures à 4 sanctionnant des prestations insuffisantes. Le total des points est la somme des notes des douze disciplines et de celle du travail de maturité.

La pondération, elle, n’est pas uniforme :

Élément noté Coefficient
Première langue triple
Option spécifique triple
Discipline fondamentale choisie pour le niveau renforcé triple
Les deux autres disciplines de ce groupe double
Biologie, chimie, physique, histoire, géographie, arts visuels ou musique simple
Option complémentaire simple
Travail de maturité simple

Source : ordonnance sur l’examen suisse de maturité (RS 413.12), art. 21 al. 3.

Balance dont un plateau porte un bloc et l'autre trois blocs, illustrant une pondération inégale
Le travail de maturité compte une fois ; la première langue et l’option spécifique comptent trois fois chacune.

Il faut en tirer la bonne conclusion, et elle est à double tranchant. Non, le travail de maturité ne fait pas basculer une maturité à lui seul : il pèse autant qu’une note de géographie. Mais il présente une propriété que les autres notes n’ont pas — il est le seul point du barème sur lequel vous disposez de plusieurs mois et d’une possibilité de révision. Une note d’examen oral se joue en vingt minutes ; celle du travail de maturité se construit. À coefficient égal, c’est le point le plus contrôlable du dispositif.

Les normes de réussite, et ce qu’un point coûte

L’article 22 définit deux chemins vers la réussite :

  • 105 points au moins ; ou
  • entre 84 et 104,5 points, à condition d’être insuffisant dans quatre disciplines au maximum et que la somme des écarts de notes vers le bas par rapport à 4 n’excède pas 7 points.

La seconde règle est celle qui décide de la plupart des cas limites, et elle rend le calcul très concret. Une note de 3 au lieu de 4 au travail de maturité consomme un point entier sur les sept d’écart tolérés, et occupe l’une des quatre cases d’insuffisance disponibles. À l’inverse, un 5,5 obtenu là où vous attendiez un 4,5 ajoute un point franc au total.

Dans un dispositif où l’échec se joue souvent à un ou deux points, un travail rendu correctement n’est pas un supplément d’âme : c’est de la marge achetée à l’avance, avec du temps que vous contrôlez.

La présentation orale : un examen à part entière

C’est le point que les candidats découvrent le plus tard. L’article 20, qui organise la répartition de l’examen en session complète ou en deux examens partiels, précise que le second examen partiel comprend « la présentation du travail de maturité », au même titre que les disciplines fondamentales, l’option spécifique et l’option complémentaire.

Autrement dit, le travail n’est pas seulement rendu : il est soutenu. Trois conséquences pratiques :

  • Le calendrier s’allonge. Entre la remise et la présentation, il peut s’écouler des mois. Un travail que vous ne maîtrisez plus au moment de le présenter se voit immédiatement.
  • Conservez vos matériaux. Notes de lecture, données brutes, versions successives : ce sont eux qui permettent de répondre à une question précise sur un choix méthodologique fait un an plus tôt.
  • Préparez les limites. Les questions d’un expert portent rarement sur ce que vous avez réussi ; elles portent sur ce que vous avez écarté et pourquoi. Un candidat qui a anticipé ses propres faiblesses passe pour lucide.

Aides non autorisées : la sanction est immédiate

L’ordonnance traite le sujet sans détour. Selon l’article 22 alinéa 2, l’examen n’est pas réussi lorsque le candidat « utilise des moyens auxiliaires non autorisés ou commet d’autres actes de malhonnêteté ». L’article 23 précise la conséquence : dans ce cas, le candidat est immédiatement exclu de la session, l’examen est réputé non réussi et toutes les notes obtenues durant cette session tombent.

La disproportion est voulue et elle mérite d’être comprise avant plutôt qu’après : ce n’est pas la note du travail qui est en jeu, c’est la session entière. Combiné à l’exigence de l’article 15 — un travail rédigé personnellement —, cela place les questions d’aide extérieure et d’outils de rédaction dans un cadre bien plus strict que le simple retrait de quelques points.

Sur la manière dont les contrôles de similitude et de détection fonctionnent réellement, et sur ce qu’ils ne prouvent pas, voyez notre article détecteur de plagiat ou détecteur d’IA.

Un calendrier qui part de la fin

Puisque le travail doit être achevé avant l’inscription à l’examen, le calendrier ne se construit pas en avançant depuis aujourd’hui mais en remontant depuis cette échéance.

  1. Fixez la date d’inscription visée. C’est votre butoir réel, antérieur aux épreuves elles-mêmes.
  2. Reculez de quatre à six semaines pour la relecture, la mise en forme, la bibliographie et l’impression ou le dépôt. Cette phase est systématiquement sous-estimée.
  3. Reculez encore pour la rédaction, en gardant à l’esprit que la partie la plus longue n’est pas d’écrire mais de stabiliser la question traitée.
  4. Placez la collecte des matériaux en premier, et considérez la question de recherche comme provisoire jusqu’à ce que vous ayez lu suffisamment pour la restreindre.
  5. Réservez un créneau distinct pour la préparation de la présentation, plusieurs mois après la remise. Notez-le au calendrier le jour où vous rendez, pas le mois où l’examen approche.

Si vous menez ce travail en parallèle d’un emploi ou d’une formation, les ordres de grandeur du temps réellement disponible sont documentés dans rédiger son mémoire en travaillant. Pour la phase de relecture finale, le comparatif des outils est dans quel correcteur pour son mémoire. Et si votre sujet demande des chiffres officiels suisses, les sources exploitables sont recensées dans où trouver des données suisses.

Un travail que vous pourrez défendre un an plus tard

Ce qui rend une présentation facile, c’est une structure claire et des sources tracées depuis le premier jour — pas une relecture de dernière minute. Structurez votre travail de maturité avec Tesify : la charpente et les références sont prises en charge pendant que vous écrivez, et le texte reste à 100 % le vôtre — ce que l’article 15 exige précisément.

Questions fréquentes

Combien de pages doit faire un travail de maturité ?

L’ordonnance sur l’examen suisse de maturité ne fixe aucun nombre de pages. Elle renvoie les objectifs, les critères et la procédure d’évaluation aux directives. Les volumes que l’on voit circuler proviennent de ces directives ou d’usages d’établissement : vérifiez celui qui s’applique à votre voie.

Quand faut-il rendre le travail de maturité ?

Dans le régime de l’examen suisse de maturité, l’article 15 exige qu’il soit rédigé avant l’inscription à l’examen. Ce n’est donc pas une échéance parmi celles de l’année d’examen : c’est une condition préalable. Dans un gymnase cantonal, le calendrier est fixé par l’établissement.

Quel est le poids du travail de maturité dans la note finale ?

Sa note entre dans le total des points avec un coefficient simple, alors que la première langue et l’option spécifique comptent triple. Il pèse autant qu’une discipline fondamentale comme la géographie — mais c’est la seule note du barème que l’on construit sur plusieurs mois plutôt qu’en une épreuve.

Le travail de maturité doit-il être présenté oralement ?

Oui dans le régime fédéral : l’article 20 range « la présentation du travail de maturité » parmi les éléments du second examen partiel, au même titre que les disciplines. Elle a donc lieu plusieurs mois après la remise, ce qui suppose de conserver ses matériaux de travail.

Combien de points faut-il pour réussir l’examen suisse de maturité ?

105 points au minimum ; ou entre 84 et 104,5 points, à condition d’être insuffisant dans quatre disciplines au maximum et que la somme des écarts vers le bas par rapport à 4 n’excède pas 7 points.

Que risque-t-on en cas d’aide non autorisée ?

L’ordonnance prévoit l’exclusion immédiate de la session, l’échec à l’examen et l’annulation de toutes les notes obtenues durant cette session. La sanction ne porte donc pas sur le seul travail concerné mais sur l’ensemble de la session.

Ces règles s’appliquent-elles à mon gymnase cantonal ?

Non. L’ordonnance décrite ici régit l’examen suisse de maturité, passé devant une commission fédérale. Dans un gymnase cantonal, le volume, le calendrier, la grille d’évaluation et les modalités de présentation relèvent du canton et de l’établissement. Utilisez cet article comme grille de questions à poser, pas comme référence opposable.

Source

Ordonnance du 7 décembre 1998 sur l’examen suisse de maturité (RS 413.12), version consolidée en vigueur, art. 14, 15, 20, 21, 22 et 23. Texte intégral obtenu via le point d’accès SPARQL de Fedlex le 14 août 2026. Les citations sont traduites de la version allemande consultée ; en cas de divergence, les versions officielles publiées par la Confédération font foi.

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