Les données suisses exploitables pour un mémoire se répartissent en trois couches distinctes : les statistiques officielles de l’Office fédéral de la statistique (OFS), le catalogue fédéré opendata.swiss — qui recensait 16 174 jeux de données au 12 août 2026 — et les données d’enquête de la recherche en sciences sociales, archivées par FORS sur la plateforme SWISSUbase. Chacune répond à une question différente, et confondre les trois est la cause la plus fréquente de recherches infructueuses.
Ce guide indique ce que contient chaque couche, comment y accéder réellement — un point moins évident qu’il n’y paraît — et comment citer un jeu de données sans se faire reprendre. Toutes les vérifications ont été faites le 12 août 2026 sur les portails eux-mêmes.

Sommaire
- Trois couches, trois questions
- L’OFS : les agrégats officiels
- opendata.swiss : le catalogue fédéré
- FORS et SWISSUbase : les données d’enquête
- Le piège : 200 ne veut pas dire « données »
- Citer un jeu de données
- Questions fréquentes
Trois couches, trois questions
| Couche | Répond à | Granularité | Exemple d’usage en mémoire |
|---|---|---|---|
| Statistiques officielles (OFS) | Combien, et comment cela évolue ? | Agrégats, séries temporelles | Cadrage du chapitre de contexte |
| opendata.swiss | Quelle administration publie quoi ? | Jeux de données publiés par les autorités | Analyse propre sur données brutes |
| FORS / SWISSUbase | Qu’ont répondu les personnes interrogées ? | Microdonnées d’enquête, niveau individuel | Analyse secondaire, réplication |
La distinction décisive est celle entre agrégat et microdonnée. Un agrégat est un chiffre déjà calculé : « 288 097 étudiants en 2025/26 ». Vous pouvez le citer, mais vous ne pouvez rien en faire d’autre — impossible de croiser deux variables, de tester une hypothèse, de calculer une corrélation. Une microdonnée est une ligne par individu ou par unité observée : c’est ce qu’il faut pour produire une analyse originale.
Un mémoire qui annonce une « analyse quantitative » et ne mobilise que des agrégats publiés décrit en réalité des chiffres existants. C’est légitime pour un travail descriptif, mais il faut le nommer ainsi dans le chapitre de méthode plutôt que de laisser croire à une analyse de données primaires.
L’OFS : les agrégats officiels
L’Office fédéral de la statistique est la source de référence pour tout chiffre de cadrage. Ses tableaux sont accompagnés du nom de la relevé statistique dont ils proviennent, ce qui permet de retrouver exactement la même donnée plus tard — un détail qui compte quand la soutenance a lieu six mois après la rédaction.
Deux conseils pratiques tirés de l’usage réel du site.
Ne devinez jamais une adresse. Les URL de l’OFS suivent une arborescence thématique longue, et une adresse inventée ne renvoie pas une erreur visible : elle renvoie une page 404 qui pèse plusieurs mégaoctets et ressemble à une page normale. Lors de la préparation de ce guide, une adresse plausible mais inexistante a répondu avec un code 200 apparent et plus de trois millions d’octets, pour 554 caractères de texte réel. Passez toujours par la navigation thématique du site.
Vérifiez que les lignes s’additionnent. Avant de réutiliser un tableau, contrôlez que le détail donne bien le total publié. Sur le tableau des étudiants par type de haute école, 176 332 (hautes écoles universitaires) + 86 741 (hautes écoles spécialisées) + 25 024 (hautes écoles pédagogiques) = 288 097, soit exactement le total annoncé. Ce contrôle prend dix secondes et vous garantit qu’il n’existe pas de catégorie résiduelle non affichée dont vous devriez tenir compte.
opendata.swiss : le catalogue fédéré
opendata.swiss agrège les jeux de données publiés par les administrations fédérales, cantonales et communales ainsi que par certaines organisations proches du secteur public. Au 12 août 2026, le catalogue comptait 16 174 jeux de données.
Quelques ordres de grandeur relevés le même jour, qui donnent une idée de la profondeur thématique :
| Terme recherché | Jeux de données |
|---|---|
| (catalogue entier) | 16 174 |
| bildung | 1 606 |
| formation | 1 101 |
| santé | 601 |
| hochschule | 170 |
Source : interface de programmation d’opendata.swiss, relevés effectués le 12 août 2026.
Une remarque de méthode qui vaut au-delà de ce portail : vérifiez toujours qu’un compteur compte réellement. Beaucoup d’interfaces affichent un nombre plafonné qui ne varie pas quand on filtre. Le test est immédiat : cherchez un terme qui n’existe pas. Ici, un terme absurde renvoie 0 et les termes réels renvoient des valeurs qui diminuent avec le filtre — le compteur est donc fiable. Si un portail renvoie le même nombre rond quelle que soit la requête, ce nombre est un plafond d’affichage et ne doit jamais être publié comme un total.
Le catalogue est bilingue dans les faits : chercher « formation » et chercher « bildung » ne donne pas les mêmes résultats, parce que les métadonnées sont rédigées dans la langue de l’administration qui publie. Un mémoire en français qui ne cherche qu’en français passe à côté de la production alémanique, soit la majorité du volume. Faites systématiquement la recherche dans les deux langues.
FORS et SWISSUbase : les données d’enquête

FORS, le centre de compétences suisse en sciences sociales, est basé au bâtiment Géopolis à Lausanne. Il assure l’archivage et la mise à disposition des données de recherche, désormais via la plateforme SWISSUbase, et propose également un service de réplication permettant de déposer le matériel associé à une publication.
Les programmes d’enquête que FORS présente comme ses projets constituent le cœur de ce qui est réutilisable dans un mémoire en sciences sociales :
- Panel suisse de ménages (Swiss Household Panel) — enquête longitudinale, la même population suivie dans le temps.
- Selects — études électorales suisses.
- European Social Survey — enquête comparative européenne sur les attitudes et les valeurs.
- MOSAiCH — enquête sur les attitudes et modes de vie en Suisse.
- European Values Study — enquête européenne sur les valeurs.
- SHARE — enquête sur la santé, le vieillissement et la retraite.
C’est la couche la plus précieuse pour un travail empirique et la moins connue des étudiants : une analyse secondaire sur des données d’enquête de qualité professionnelle produit un mémoire nettement plus solide qu’un questionnaire improvisé auprès de quarante camarades de volée.
Une précision honnête sur les conditions d’accès. Elles sont définies jeu de données par jeu de données dans SWISSUbase, et nous n’avons pas pu les vérifier de façon fiable depuis l’extérieur : le catalogue est une application web dont le contenu ne se laisse pas lire par une simple requête. Nous ne reproduisons donc aucune affirmation sur la gratuité ou sur les conditions applicables aux étudiants. Consultez la fiche du jeu de données visé, et, si l’accès est conditionnel, passez par votre direction de mémoire — un rattachement institutionnel est généralement ce qui débloque la demande.
Le piège : 200 ne veut pas dire « données »
Un obstacle purement technique fait perdre un temps considérable et n’est presque jamais mentionné : la plupart de ces portails sont des applications web qui construisent leur contenu dans le navigateur. La page se charge, elle a l’air normale, mais le contenu n’existe pas dans le document envoyé par le serveur.
Les conséquences pratiques pour un mémoire :
- Enregistrer la page ne conserve pas les données. Un « enregistrer sous » sur un catalogue de ce type produit un fichier vide de contenu. Pour archiver une preuve de consultation, exportez le jeu de données lui-même ou faites une capture d’écran datée.
- Les outils automatiques échouent sans le dire. Un script de récupération renvoie une page techniquement valide et vide de résultats, ce qui ressemble exactement à « aucun résultat ». Le zéro que vous obtenez peut être un zéro technique, pas un zéro réel.
- L’interface de programmation est la vraie porte d’entrée. Là où le catalogue web reste muet, l’interface de programmation d’opendata.swiss renvoie l’intégralité des métadonnées sous forme structurée. C’est ainsi que les comptages de la section précédente ont été obtenus.
Un détail qui illustre à quel point ces obstacles sont arbitraires : lors de nos vérifications, l’interface d’opendata.swiss ne répondait qu’à condition que la requête s’annonce comme provenant d’un navigateur. Une requête sans cette mention recevait une réponse vide — indiscernable, à première vue, d’un catalogue sans résultats. Si une source vous renvoie systématiquement du vide, le problème est souvent là et non dans votre requête.
La règle générale à retenir : jugez une source sur le texte réellement lisible qu’elle contient, pas sur le fait qu’elle se soit chargée. Une page peut peser plusieurs mégaoctets et ne contenir que quelques centaines de caractères utiles.
Citer un jeu de données
Une référence de jeu de données doit permettre à un tiers de retrouver exactement la même version que vous. Cinq éléments sont nécessaires :
- Le producteur — l’organisation qui a produit les données, pas le portail qui les héberge.
- Le titre exact du jeu de données, tel qu’il figure dans le catalogue.
- L’année ou la période de référence des données, à distinguer de l’année de publication.
- La version ou l’identifiant pérenne lorsqu’il existe.
- La date de consultation.
Deux erreurs coûtent des points de manière récurrente. La première consiste à citer le portail au lieu du producteur : opendata.swiss est un catalogue, pas l’auteur des données. La seconde consiste à confondre période de référence et date de publication — un jeu de données publié en 2026 peut porter sur 2024, et c’est la période de référence qui détermine ce que vos résultats décrivent.
Vérifiez enfin les conditions de réutilisation attachées au jeu de données : elles précisent si une mention de la source est obligatoire et sous quelle forme. Pour organiser tout cela sans y passer vos soirées, notre comparatif des gestionnaires bibliographiques détaille les outils adaptés. Et si les intitulés de séries statistiques ressortent dans votre rapport de similitude, c’est normal : nous expliquons pourquoi dans notre guide sur la différence entre détecteur de plagiat et détecteur d’IA.
Des données au chapitre rédigé
Trouver le bon jeu de données est la partie stimulante. Ce qui use, c’est ensuite de tenir la cohérence entre la question de recherche, la méthode annoncée et ce que les données permettent réellement de conclure. Construisez la structure de votre mémoire avec Tesify : le plan et les références sont pris en charge, l’analyse et l’argumentation restent les vôtres.
Questions fréquentes
Où trouver des données officielles suisses pour un mémoire ?
Trois sources selon le besoin : l’Office fédéral de la statistique pour les agrégats et séries officielles, opendata.swiss pour les jeux de données publiés par les administrations fédérales, cantonales et communales (16 174 jeux au 12 août 2026), et FORS via SWISSUbase pour les microdonnées d’enquête en sciences sociales.
Quelle est la différence entre un agrégat et une microdonnée ?
Un agrégat est un chiffre déjà calculé, que l’on peut citer mais pas réanalyser. Une microdonnée comporte une ligne par individu ou unité observée et permet de croiser des variables, de tester des hypothèses et de produire une analyse originale. Un mémoire annonçant une analyse quantitative a normalement besoin de microdonnées.
Faut-il chercher en français ou en allemand sur opendata.swiss ?
Dans les deux langues. Les métadonnées sont rédigées dans la langue de l’administration qui publie, si bien que « formation » et « bildung » ne renvoient pas les mêmes résultats — 1 101 contre 1 606 jeux de données lors de notre relevé. Chercher uniquement en français fait manquer la majeure partie du catalogue.
Les données de FORS sont-elles accessibles gratuitement aux étudiants ?
Les conditions sont définies jeu de données par jeu de données dans SWISSUbase et nous ne les avons pas vérifiées de l’extérieur ; nous ne pouvons donc ni les confirmer ni les infirmer. Consultez la fiche du jeu de données concerné et, si l’accès est conditionnel, passez par votre direction de mémoire : le rattachement institutionnel est généralement l’élément déterminant.
Pourquoi ma recherche sur un portail de données ne renvoie-t-elle aucun résultat ?
Souvent parce que le portail est une application web dont le contenu se construit dans le navigateur : un outil automatique reçoit alors une page valide mais vide, indiscernable d’une absence de résultats. Utilisez l’interface de programmation du portail lorsqu’elle existe, et méfiez-vous d’un zéro obtenu autrement que dans un navigateur.
Comment cite-t-on un jeu de données dans un mémoire ?
Indiquez le producteur des données (et non le portail qui les héberge), le titre exact du jeu de données, la période de référence, la version ou l’identifiant pérenne s’il existe, et la date de consultation. Vérifiez également les conditions de réutilisation, qui précisent la forme sous laquelle la source doit être mentionnée.
Sources
Office fédéral de la statistique, pages Tertiärstufe – Hochschulen et sous-pages, relevé SHIS-studex. opendata.swiss, interface de programmation du catalogue (comptages du 12 août 2026). FORS, pages Data Services et Projects (forscenter.ch), pour la liste des programmes d’enquête et le rôle de SWISSUbase. Toutes consultées le 12 août 2026.
