Un mémoire de bachelor en HES et un mémoire de master universitaire ne se distinguent pas d’abord par leur longueur, mais par le mandat de l’institution qui les évalue. Dans une haute école spécialisée, la formation de base représente 62 % des coûts et la recherche appliquée 28 %. Dans une université, le rapport est inversé : 23 % pour la formation de base, 59 % pour la recherche et développement. Ces deux chiffres de l’Office fédéral de la statistique expliquent l’essentiel de ce que vous allez ressentir en écrivant.
Cette page compare les deux situations d’écriture — pas les diplômes, qui relèvent de la même loi fédérale, mais le travail concret que l’on vous demande et la manière dont il sera lu. Elle s’adresse aussi bien à qui choisit une filière qu’à qui, déjà inscrit, cherche à comprendre les attentes de son jury.
Sommaire
- Un seul cadre légal, trois types de hautes écoles
- Le mandat de l’institution, en chiffres
- Ce que cela change pour l’écriture
- Le comparatif en un tableau
- Bachelor et master : une différence de niveau, pas de type
- Passer d’un type à l’autre : la perméabilité et ses conditions
- Le seul document qui vous engage
- Questions fréquentes
Un seul cadre légal, trois types de hautes écoles
Le paysage suisse des hautes écoles comporte trois types : les hautes écoles universitaires, les hautes écoles spécialisées et les hautes écoles pédagogiques. Ils relèvent tous de la même loi fédérale sur l’encouragement des hautes écoles et la coordination dans le domaine suisse des hautes écoles (LEHE), dont swissuniversities rappelle que les articles 23 à 25 régissent l’admission.
À cela s’ajoute l’ordonnance du Conseil des hautes écoles relative à la coordination de l’enseignement, qui règle — toujours selon swissuniversities — « le niveau d’études, l’admission aux niveaux d’études et le passage de l’un à l’autre, la perméabilité et la mobilité » à l’intérieur de chaque type et entre les types.
Autrement dit : les diplômes ne sont pas hiérarchisés entre eux par le droit fédéral. Un bachelor HES et un bachelor universitaire sont deux diplômes de niveau bachelor. Ce qui diffère, c’est le profil de l’institution — et c’est là que le travail de fin d’études change de nature.
Le mandat de l’institution, en chiffres
La statistique des finances des hautes écoles de l’OFS met les deux profils côte à côte de manière particulièrement nette. Voici les indicateurs 2024.
| Indicateurs 2024 | Hautes écoles universitaires | Hautes écoles spécialisées |
|---|---|---|
| Part de la formation de base dans les coûts | 23 % | 62 % |
| Part de la recherche et développement | 59 % | 28 % |
| Part des charges de personnel | 65 % | 74 % |
| Étudiants | 172 242 | 84 542 |
| Personnel (équivalents plein temps) | 49 416 | 16 942 |
| Financement : Confédération / cantons / privé | 44 % / 35 % / 21 % | 29 % / 50 % / 21 % |
Source : OFS, Finances et coûts des hautes écoles, indicateurs 2024.

Deux lectures s’imposent. D’abord, une université suisse est budgétairement d’abord un lieu de recherche : la recherche et développement y dépasse les 5 milliards de francs. Ensuite, une HES est budgétairement d’abord un lieu de formation, avec une recherche appliquée qui reste néanmoins son deuxième poste, à plus de 938 millions de francs.
Un calcul que nous faisons à partir de ces valeurs — et qu’il faut donc présenter comme tel si vous le reprenez — donne environ 3,5 étudiants par équivalent plein temps dans les hautes écoles universitaires contre environ 5,0 dans les HES. À première vue, l’encadrement paraît plus dense à l’université. Mais l’équivalent plein temps universitaire comprend une masse de personnel de recherche dont l’encadrement de bachelor n’est pas la mission première, alors que dans une HES le personnel est majoritairement affecté à la formation. Le rapport brut penche d’un côté ; le rapport utile penche de l’autre.
Ce que cela change pour l’écriture
Ces structures ne restent pas dans les comptes : elles se traduisent en attentes concrètes.
- L’origine du sujet. En HES, un travail de bachelor part souvent d’un problème apporté par une organisation partenaire. À l’université, il s’inscrit plus fréquemment dans un questionnement de la littérature ou dans un axe de recherche de la chaire.
- Le critère de réussite implicite. Un travail HES est fort quand il produit quelque chose d’utilisable et qu’il le justifie méthodologiquement. Un travail universitaire est fort quand il déplace une discussion existante, même modestement.
- Le traitement de la littérature. Dans les deux cas elle est obligatoire, mais son rôle diffère : cadrage et justification des choix d’un côté, construction du problème de l’autre. Un état de l’art universitaire qui ne débouche sur aucune tension à résoudre est jugé descriptif ; en HES, le même chapitre peut être exactement ce qu’on attend.
- Le lecteur destinataire. Un travail HES a souvent deux publics : le jury et l’organisation partenaire. Il faut satisfaire les deux sans écrire deux textes.
Aucune de ces différences n’est une hiérarchie. Écrire un travail que l’on peut remettre à une entreprise et défendre devant un jury académique n’est pas plus facile que produire une contribution originale à une discussion : c’est une contrainte différente.
Le comparatif en un tableau
| Critère | Mémoire de bachelor en HES | Mémoire de master universitaire |
|---|---|---|
| Niveau du diplôme | Bachelor | Master |
| Mandat dominant de l’institution | Formation de base (62 % des coûts) | Recherche et développement (59 % des coûts) |
| Origine typique du sujet | Problème de terrain, souvent avec un partenaire | Question issue de la littérature ou d’un axe de recherche |
| Ce qui fait la qualité | Un résultat utilisable, méthodiquement justifié | Un déplacement, même modeste, d’une discussion |
| Publics du texte | Jury et souvent organisation partenaire | Jury académique |
| Recherche appliquée / fondamentale | Appliquée (28 % des coûts) | Fondamentale et appliquée (59 %) |
| Volume, délais, structure imposée | Fixés par le règlement d’études | Fixés par le règlement d’études |
La dernière ligne est volontairement identique dans les deux colonnes, et c’est le point le plus important de tout ce comparatif : aucune règle fédérale ne fixe le nombre de pages, la durée de rédaction ni le plan d’un travail de fin d’études. Toute page qui vous annonce « un mémoire de bachelor HES fait X pages » énonce une moyenne observée, pas une norme.
Bachelor et master : une différence de niveau, pas de type
La comparaison la plus fréquente mélange deux axes : le type d’institution (HES ou université) et le niveau d’études (bachelor ou master). Ce sont deux dimensions indépendantes. Il existe des masters en HES et des bachelors à l’université, et la question « HES ou université ? » ne se confond pas avec « bachelor ou master ? ».
Sur l’axe du niveau, l’attente qui change réellement est l’autonomie méthodologique. Au niveau bachelor, on attend l’application correcte d’une méthode connue à un objet délimité. Au niveau master, on attend en plus la justification du choix de la méthode contre des alternatives et la discussion de ses limites. C’est ce chapitre de justification qui distingue le plus visiblement les deux niveaux, davantage que le nombre de pages.

Passer d’un type à l’autre : la perméabilité et ses conditions
La question qui suit presque toujours : un bachelor HES ouvre-t-il un master universitaire ? La réponse de principe est oui — la perméabilité entre les types de hautes écoles est explicitement l’un des objets de l’ordonnance du Conseil des hautes écoles relative à la coordination de l’enseignement, qui règle les passages entre niveaux et entre types.
La réponse pratique est plus nuancée, et il faut la formuler honnêtement : le passage est prévu, mais l’université d’accueil peut assortir l’admission de conditions supplémentaires. Ces exigences ne sont pas fixées au niveau fédéral et varient selon l’institution et la filière visée. C’est pourquoi swissuniversities, sur sa page consacrée à l’admission, renvoie à la haute école choisie plutôt que de publier une règle générale.
La conséquence pour votre mémoire est concrète. Si vous envisagez un master universitaire après un bachelor HES, la partie méthodologique de votre travail de bachelor est celle qui pèsera le plus dans un dossier : c’est elle qui démontre l’autonomie attendue au niveau suivant. Un travail de terrain excellent mais méthodologiquement peu explicite est plus difficile à valoriser dans une candidature qu’un travail comparable dont chaque choix est justifié.
Le seul document qui vous engage
Tout ce qui précède décrit des tendances institutionnelles. Ce qui vous est opposable tient dans un seul document : le règlement d’études de votre filière, complété par les directives de votre département.
Quatre éléments à y chercher avant d’écrire la première ligne, parce qu’ils ne se déduisent d’aucune règle générale :
- Le volume attendu et ce qui est compté. Les annexes, la bibliographie et les retranscriptions sont tantôt incluses, tantôt exclues.
- La composition du jury et la pondération. Le poids respectif de l’écrit et de la soutenance change tout à la préparation.
- Le régime de confidentialité. Si un partenaire est impliqué, une clause de confidentialité doit être articulée avec les règles de dépôt de votre haute école.
- Les dispositions sur les outils d’assistance à la rédaction. Elles se sont multipliées et leur périmètre varie d’une institution à l’autre.
Pour situer les ordres de grandeur du système dans lequel s’inscrit votre travail, les données de l’OFS sont réunies dans notre analyse des coûts par étudiant. Pour les sources de données exploitables dans un travail empirique, voyez où trouver des données suisses pour son mémoire. Pour la relecture finale, le comparatif des outils est dans quel correcteur pour son mémoire, et pour caler un calendrier réaliste quand on écrit en travaillant, les chiffres sont dans rédiger son mémoire en travaillant.
Une structure qui tient dans les deux régimes
Que votre lecteur soit un jury académique ou une organisation partenaire, il attend la même chose de la forme : une progression lisible, des choix justifiés, des références qui tiennent. Structurez votre mémoire avec Tesify et consacrez votre temps à l’argument : la charpente et les références sont prises en charge, le texte reste à 100 % le vôtre.
Questions fréquentes
Un bachelor HES vaut-il un bachelor universitaire ?
Les deux sont des diplômes de niveau bachelor délivrés par des hautes écoles relevant de la même loi fédérale sur l’encouragement des hautes écoles. Le droit fédéral ne les hiérarchise pas : il distingue des types d’institutions aux profils différents, pas des niveaux inégaux.
Un mémoire de bachelor HES est-il plus court qu’un mémoire de master ?
Aucune règle fédérale ne fixe de volume. Le nombre de pages, ce qui est compté dedans et les délais sont fixés par le règlement d’études de votre filière. Les chiffres qui circulent sont des moyennes observées, pas des normes.
Peut-on faire un master universitaire après un bachelor HES ?
La perméabilité entre types de hautes écoles est explicitement prévue par l’ordonnance du Conseil des hautes écoles relative à la coordination de l’enseignement. En pratique, l’université d’accueil peut poser des conditions supplémentaires, qui ne sont pas fixées au niveau fédéral : c’est la haute école visée qu’il faut contacter, comme le recommande swissuniversities.
Qu’est-ce qui distingue vraiment un travail de bachelor d’un travail de master ?
L’autonomie méthodologique. Au niveau bachelor, on attend l’application correcte d’une méthode connue à un objet délimité ; au niveau master, on attend en plus la justification du choix de méthode contre des alternatives et la discussion de ses limites.
Pourquoi l’encadrement semble-t-il différent en HES et à l’université ?
Parce que les mandats diffèrent. Selon l’OFS, la formation de base représente 62 % des coûts d’une HES contre 23 % dans une haute école universitaire, où la recherche et développement en absorbe 59 %. Le personnel universitaire est en grande partie affecté à la recherche, ce qui explique des disponibilités et des styles d’accompagnement différents.
Comment écrire un mémoire destiné à la fois à un jury et à une entreprise ?
En séparant les fonctions plutôt que les textes : un corps de mémoire qui répond aux exigences académiques, et une synthèse orientée décision placée en tête ou en annexe. Le régime de confidentialité applicable doit être vérifié dans votre règlement d’études avant la rédaction, pas au moment du dépôt.
Sources
swissuniversities, pages « Admission » et « Admission aux hautes écoles pédagogiques » (swissuniversities.ch), consultées le 14 août 2026, pour le cadre légal (LEHE art. 23–25) et pour l’objet de l’ordonnance du Conseil des hautes écoles relative à la coordination de l’enseignement, y compris la perméabilité entre types de hautes écoles. Office fédéral de la statistique, Finanzen und Kosten der Hochschulen, indicateurs 2024, consulté le 14 août 2026, pour les parts de coûts, les effectifs et le personnel en équivalents plein temps. Les rapports étudiants/équivalent plein temps sont calculés par nos soins à partir de ces valeurs.
